DES CHEVAUX ET DES HOMMES

DES CHEVAUX ET DES HOMMES
Quelques jours de break avant de reprendre le travail, quelques souvenirs de randonnées cantaliennes et photos de grands espaces...

En redescendant du Plomb, les animaux sont en liberté : on marche parfois au milieu des vaches, et d'autres fois, on croise des chevaux sauvages...

# Posté le jeudi 07 août 2008 15:12

LES RAISINS DE LA COLERE (THE GRAPES OF WRATH en V.O.), de John Ford

LES RAISINS DE LA COLERE (THE GRAPES OF WRATH en V.O.), de John Ford
C'est la troisième fois que je regarde ce film, ou plutôt devrais-je dire, ce Monument du cinéma. John Ford y adapte la très célèbre oeuvre de John Steinbeck.
Tom Joad retrouve sa ferme et les siens après 4 ans de prison suite au meurtre d'un homme. Mais les choses ont changées : le jeudi noir de 1929 est passé et l'Amérique subit de plein fouet une crise économique de grande ampleur. Les paysans sont chassés de leurs terres, il n'y a plus de travail. Pourtant, les Joad découvre qu'en Californie, on recherche des travailleurs. Toute la famille abandonne alors la terre familiale pour gagner l'Ouest, mais ils sont confrontés à la dure réalité de la vie : la Grande Dépression des années 30 n'épargne personne.
Ce qui est frappant dans ce film, c'est l'excellence des comédiens, la formidable interprétation de leur rôle. Et le scénario, d'un réalisme fou. C'est ce qui s'appelle une adaptation particulièrement réussie. En fait, Les raisins de la colère est un film marquant car il retrace le destin de la courageuse famille Joad, en particulier celui de Tom, dont le personnage, héroïque et d'un charisme discret, finit par prendre la tête de la résistance à l'oppression.
Je ne me rappelais plus des dernières répliques -de Ma- :
Rich fellas come up, and they die, their kids ain't no good and they die out. But we keep coming ; we're peoples that lives. They can't wipe us out, they can't like us. We'll go on forever, cause we are the people (Les riches naissent, ils meurent, leurs enfants n'ont pas la force. Nous, on avance, on est les gens qui vivent. On ne peut pas nous écraser ni nous balayer. On ira toujours de l'avant parce qu'on est "les gens".).
Elles s'inscrivent finalement comme une sorte de vérité, comme une petite leçon de vie qui clot très justement ce bijou cinématographique sur lequel il faut absolument s'arrêter.

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 16:16

SOLDES SOLIDAIRES AUX 4 TEMPS - LA DEFENSE

SOLDES SOLIDAIRES AUX 4 TEMPS - LA DEFENSE
DOnc aujourd'hui, j'ai refait 2 heures de bénévolat pour aider à la collecte de vêtements pour les personnes démunies, via le secours populaire.
3 personnes ont apporté chacune un énorme sac comprenant environ une dizaine de vêtements chacun. La colonne de vêtements s'agrandit de jour en jour. C'est cool. Je vous rappelle que si vous possédez des vêtements que vous ne mettez plus, vous pouvez les donner aux associations qui les donnent aux gens qui ont eu moins de chance que vous.

Secours populaire

Quelques stats ? Bon, c'est peut-être de l'approximation, mais sur tous les donateurs que j'ai vu pendant mes heures de bénévolat (aujourd'hui et lundi dernier), 90% sont des femmes, la tranche d'âge majoritaire va entre 26 et 40 ans -non significatif au sens où les plus de 60 ans fréquentent très peu les centres commerciaux- et 100% sont issues des classes moyennes -là, c'est peut-être du stéréotype, mais l'apparence physique et vestimentaire en dit beaucoup sur l'appartenance sociale-. Voilà. Donc portrait type du donateur : femme d'environ 30 ans issue des classes moyennes.

Je sais que c'est pas très utile de faire des stats, mais c'était juste histoire de vous épargner mes râleries à propos de cette foule idiote et méprisable qui se goinfre de sandwichs et de McDo et qui achètent des trucs qui leur servent à rien et qui GRRRRRRRR etc... etc... etc...

# Posté le lundi 07 juillet 2008 13:48

Modifié le jeudi 15 octobre 2009 05:43

NO MAN'S LAND, de Danis Tanovic

NO MAN'S LAND, de Danis Tanovic
Pendant la guerre en Yougoslavie, dans les années 1990, deux soldats, Tchiki et Nino, se retrouvent dans une tranchée. Le premier est bosniaque, l'autre serbe. Non loin, Tsera, un soldat bosniaque ami de Tchiki, est endormi. Peu de temps avant, sous les yeux de Nino, un serbe a déposé sous son corps une mine bondissante. Au moindre mouvement de Tsera, la mine explose et lui avec. La situation est grave et urgente : Tchiki et Nino vont tenter d'alerter les secours. A leur arrivée sur les lieux, les soldats de l'ONU trouvent les deux hommes habités par une haine l'un pour l'autre, et Tsera, immobile, qui attend avec désespoir l'arrivée d'un démineur qui pourra désactiver l'engin placé sous son corps. De leur côté, de grandes chaînes de télévision internationales veulent s'emparer de la situation pour informer le monde du dernier scoop....

Un jeu d'acteurs (d)étonnant. Durant tout le film, le suspense est haletant. On ne sait absolument pas comment tout cela va finir. Et puis, ce suspense débouche sur un dénouement inattendu et une vision critique de la guerre, des médias et du monde. Un émouvant témoignage sur la guerre qui a frappé la Yougoslavie. Un intense moment de reflexion à travers un évènement de l'histoire contemporaine sans doute trop vite oublié, alors qu'il était à nos portes...
No man's land a été récompensé par le prix du meilleur scénario à Cannes en 2001, par le César du meilleur premier film en 2002, et par l'Oscar du meilleur film étranger la même année.


QUELQUES CRITIQUES PRESSE

On aime ces personnages parce que, pris au piège d'un conflit absurde, il se débattent pour trouver une issue (...) Leur humanité est magnifique. Elle nous arrache rires et larmes (O. Bonnard, le nouvel observateur).

Si No man's land réjouit tellement, c'est grâce à son scénario ultra-inventif et à sa mise en scène franche, frontale, efficace. Tanovic a donc fait tout ça. (...) pour un premier ? Alors, bravo. (O; de Bruyn, Première).

Mis en scène avec une extrême précision, sans autres effets que le suspense et la réflexion qu'il entraîne, le premier film de Danis Tanovic est une enthousiasmante comédie humanitaire, une allégorie percutante (P.Piazzo, Aden)
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# Posté le dimanche 06 juillet 2008 11:01

Modifié le dimanche 06 juillet 2008 12:42

NOBODY KNOWS, de Kore-Eda Hirokazu

NOBODY KNOWS, de Kore-Eda Hirokazu
Madame Fukushima emménage dans un petit appartement en location, à Tokyo. Elle s'y installe avec ses 4 enfants, Yuki, Shigeru, Kyoko, et l'aîné, Akira.
Un matin, Akira découvre un message de sa mère lui indiquant qu'elle doit s'absenter. C'est le début d'une nouvelle vie pour les 4 enfants qui devront apprendre à se débrouiller. Mais très vite, ils sont pris de vitesse et leur situation va de mal en pis. Pourtant, en chacun d'eux, habite un rêve ; Akira, par exemple, s'imagine en train de jouer au base-ball, et Yuki, la cadette, rêve de voir des avions s'envoler.

J'ai adoré l'histoire, les plans parfaitement maîtrisés, la multiplicité des lieux.
Dans le Japon contemporain, cette histoire à la fois passionnante et déchirante, montre la débrouillardise de 4 enfants livrés à eux-même dans une société mercantile où tout s'achète et tout se paye. Kore-Eda Hirokazu s'est inspiré d'un faits divers survenu en 1988 connu sous le nom de l'affaire des quatre enfants abandonnés de Nishi-Sugamo. Il signe avec ce film une oeuvre bouleversante, terminée par deux magnifiques chansons en japonais.

Nobody knows a été présenté en sélection officielle au festival de Cannes en 2004. Il est à noter que Yagira Yuya, l'acteur de 14 ans qui incarne Akira, a reçu le prix d'interprétation masculine. Il est le plus jeune acteur récompensé dans cette catégorie.



QUELQUES CRITIQUES PRESSE

"Une maîtrise de l'éclairage intime mettant au jour les ressorts fictionnels autant que la précision documentaire du cinéaste. La caméra de Kore-eda Hirokazu capte chaque moment minuscule du quotidien des enfants, fait signe d'un rien ou de tristesses insondables que nul pathos ne noie, se pose sans jamais peser sur la palette de leurs expressions." (D. Widemann, L'humanité)

"Le plus poignant dans cette chronique qui se joue sur quatre saisons, c'est la douceur de la descente aux enfers. Hirokazu Kore-eda enchaîne les scènes courtes, répétitives, obsessionnelles." (P.Murat, Télérama)

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# Posté le dimanche 22 juin 2008 13:49

Modifié le dimanche 22 juin 2008 14:52

BUFFET FROID, de Bertrand Blier

BUFFET FROID, de Bertrand Blier
Alphonse Tram est chômeur et vit dans une tour avec sa femme.
Un soir, il tente d'engager une conversation, avec un homme, sur le quai du RER de la Défense.
Peu après, il retrouve cet homme en train de mourir, avec un couteau planté dans le ventre.
Le même soir, Alphonse découvre qu'un nouveau locataire, Morvandieu, est inspecteur de police. Il est alors entraîné dans une sombre histoire.

Dialogues brillants de Bertrand Blier, suspense et humour noir font les qualités de ce film servi par une interprétation de maître par Gérard Depardieu, Bernard Blier et Jean Carmet.
Immanquable !
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# Posté le lundi 09 juin 2008 05:41

MOOLAADE, de Sembene Ousmane

MOOLAADE, de Sembene Ousmane
IL Y A BIEN LONGTEMPS QUE JE N'AI PAS VU UN AUSSI BON FILM.....
Quelque part en Afrique, 6 fillettes fuient l'excision. 4 d'entre elles se réfugient chez Maman Collé, la mère d'Asmatou. Il y a 7 ans, Maman Collé avait refusé de purifier sa fille comme les traditions le veulent. Mais les excisseuses sont là, déterminées comme beaucoup, à s'emparer des fillettes. C'est le point de départ de confrontations entre les partisans et les détracteurs de la salindé (l'excision). De son côté, Asmatou attend le retour de Ibrahima, son futur époux, qui va rentrer de France, mais dont le père s'oppose à ce qu'il épouse une bilékoro (femme non excisée).
Moolaadé, dont le nom en peul, signifie droit d'asile, définit la protection accordée à une personne en fuite. Dans ce film, le terme prend tout son sens, grâce au personnage courageux et attachant de Maman Collé.

Sembene Ousmane traite ici d'un sujet très peu évoqué dans le septième art, celui de l'excision. Son film est parfois violent -scènes de l'excision et de la flagellation- mais livre aussi un très beau témoignage sur le combat de femmes. Il est un très beau film, tant sur la richesse symbolique de certains plans, que sur le scénario très bien maîtrisé. Le personnage de Ibrahima incarne l'intermédiaire entre les traditions ancestrales et les valeurs de la mondialisation. Ce film donne à réfléchir sur un sujet grave et sur le rôle des femmes dans le monde. Je ne veux pas vous l'imposer, mais il faut vraiment le voir.
Moolaadé a reçu le prix Un autre regard au festival de Cannes en 2004.



QUELQUES CRITIQUES PRESSE

Dans Moolaadé, c'est la manière dont Sembene est capable, dans la même scène, de mélanger comédie et drame, humour et violence, sacré et vie quotidienne, réalisme et symbolisme, qui crée l'émotion vive que ressent le spectateur. (J.B. Morain, les Inrockuptibles)

C'est l'admirable de ce film : il s'appuie sur une des plus belles traditions de l'Afrique et de l'humanité, le conte transmis oralement depuis Homère pour dire qu'il ne faut pas, surtout pas, suivre aveuglément ces traditions (E. Breton, l'Humanité)

Ce film puissant qui allie la beauté de la fable et la virulence du combat politique, est-il le point d'orgue de l'oeuvre de Sembene Ousmane. À 83 ans, le réalisateur phare du continent africain [...] signe, après quarante ans de carrière et seulement huit longs-métrages, l'un de ses plus beaux films : ardent comme un combat qui ne fait que commencer.( E.Luc, TélécinéObs)

# Posté le lundi 02 juin 2008 14:54

Modifié le lundi 02 juin 2008 18:12

APOCALYPTO, de Mel Gibson

APOCALYPTO, de Mel Gibson
Grâce aux mystérieuses cités d'or (dessin animé), je suis fasciné et très intéressé, sans me dire spécialiste, par les civilisations précolombiennes, notamment du Mexique. Le film de Mel Gibson apparaissait donc pour moi comme une sortie digne d'intérêt : j'allais pouvoir compléter mes connaissances en matière de civilisation maya. Or, il n'en est rien.
A en croire Mel Gibson, les Mayas n'étaient que des sauvages assoiffés de sang ; des indiens complètement dégénérés et prêts à tuer tout le monde et à tout massacrer. N'importe quoi !

PETIT HISTORIQUE DU SACRIFICE HUMAIN
Les Olmèques, premier peuple mesoaméricain, ne pratiquaient que très peu les sacrifices humains. Le développement de ce rituel remonte au IX° siècle lorsque les Toltèques, peuple guerrier venu du nord du Mexique, s'infiltrèrent dans les régions du Sud. Les Mayas, présents sur le tout le Yucatan (Péninsule de l'Est du Mexique), ne pratiquaient alors quasiment aucun sacrifice. Vers le X° siècle, les Toltèques attaquent les tribus du sud et de l'Est. Certaines tribus fuiront, recréant des villages dans les zones non saccagées ; d'autres mêleront leur culture à celles des Toltèques : c'est le début de l'ère dite Toltéco-Maya. A partir du XII° siècle, les Aztèques, d'anciens Toltèques épanouiront une riche culture autour de Mexico. Au coeur de cette culture étonnament religieuse et polythéiste, le sacrifice humain. Il faut savoir que les sacrifices étaient un rituel -les Aztèques, Toltèques et Mayas ne tuaient pas des hommes par plaisir- cela faisait partie de leur religion. En fait, ils pensaient que s'ils ne donnaient pas de sang à l'astre solaire, le soleil risquait de s'éteindre. C'est pourquoi de nombreux sacrifices eurent quasiment quotidiennement dans toutes les cités. Les sacrifiés, contrairement à ce que dit le film, étaient les prisonniers de guerre, de vaillants soldats qui s'étaient distingués lors des combats ou lors des jeux de balles -ollamantzli-, qui se pratiquaient beaucoup alors. En général, les joueurs qui gagnaient étaient destinés à devenir sacrifiés : leur victoire, signe de puissance, les rendait dignes d'être offerts à des dieux. Eux-même étaient souvent très fiers de devenir des offrandes pour les dieux qu'ils vénéraient. Le sacrifice représentaient pour eux une sorte de gloire. Les jours et les semaines précédant leur mort, les futurs sacrifiés étaient particulièrement bien traités. La veille du rituel, ils étaient soumis à des activités surhumaines, et à quelques heures du rite mortuaire, on les droguait et on les enivrait de façon à ce qu'ils ne voient pas "la mort en face".
L'arrivée des tribus espagnoles lors de la conquête, mit fin à ce rite et aujourd'hui, fort heureusement, les tribus du Mexique ne font plus de sacrifices humains. Les Lacandons, descendants directs des Mayas, vivent de la pêche et de l'agriculture.

CONCLUSION
La seule scène vraiment convaincante intervient à la 60° minute, lors de la cérémonie : pendant 20 minutes au moins, nous assistons à des sacrifices tels qu'ils étaient pratiqués. Mais c'est peut-être bien là le seul fait authentique, dont on soulignera par contre la parfaite reconstitution. On saluera également l'excellente interprétation des comédiens dont la plupart sont des indigènes non formés au métier.
Tout le reste possède une dimension historique erronée. Et la course poursuite de la dernière partie, n'est qu'une mascarade mensongère dont le but est de tenir le spectateur en haleine, sans même lui apprendre quelque chose. Que dalle ! S'il est relativement bien tourné, le film de Mel Gibson est à éviter. Si vous pensiez réellement découvrir le peuple maya, il faudrait repasser.

# Posté le lundi 26 mai 2008 12:01

Modifié le lundi 26 mai 2008 13:01