Celle qui crève les yeux ?
Non, toi, tu crois tout savoir sur tout. Tu crois que la vie est belle, que le monde est beau.
T'es trop pressé pour voir le reste. Tout ce qui compte pour toi, c'est ta vie misérable et ta condition bénite, ta (future) carrière dans le commerce et ton statut professionnel. Faire du chiffre, l'emploi, le salaire, les grades. Ton téléphone et ta télé.
Mais tu sais quoi ? Les données statistiques dont tu t'abreuves en lisant tes magazines de merde au service d'un gouvernement sur qui tu as craché pendant toute la durée des campagnes électorales, j'en ai rien à péter.
Tu peux continuer à te masturber devant ton écran, les pourcentages n'y feront rien. Tu sais ce qui est important. Et bien moi j'ai fait une chose sans importance, j'ai côtoyé la misère ; celles des gens qui vivent avec un revenu minimum, celle des mamans qui élèvent leurs enfants toute seule et qui pleurent toute seule une fois qu'ils sont couchés, celle de ceux qui luttent pour quelque chose ou pour rien, d'ailleurs on sait pas.
Oui, aujourd'hui, j'ai mangé à la table des cocos, des "ni dieu ni maîtristes" et autres asociaux qui ne rêvent que d'un monde plus juste et dont l'engagement, à coté du mien, est un océan. Je ne sais pas combien d'entre eux restent insoumis à tout ce système destructeur de propagandes et de mensonges par l'image.
Alors, oui, aujourd'hui, j'ai été bénévole pour le
secours populaire à la fête de l'humanité, et de 10 h à 14 h, j'étais au stand des livres et produits culturels, à vendre des livres à 1 ¤ et des cd à 0,50 ¤. A peu de choses près, c'est environ 50 fois moins que dans tous ces pathétiques centres de profits à la con réservés aux classes aisées. Rendre accessible la culture, voilà ce que j'ai fait aussi, comme une sorte de continuité de mon vrai métier en voie de disparition.
Si encore tout cela avait un sens, mais non. De toute façon, je n'ai pas sauvé le monde et tout cela n'est que simple futilité...
PUISQUE RIEN, ABSOLUMENT RIEN NE CHANGERA.