Le début, un fondu enchaîné comparant un troupeau de moutons à des hommes se rendant au travail, est une entame intelligente à cette grâcieuse philippique d'une société livrée au capitalisme et à l'individualisme triomphant. Il y a un fort taux de chômage, des manifestations, des grèves ; les usines ferment et licencient à tout va, des pauvres dorment dans la rue, les moins fiers d'entre eux volent pour s'en sortir ; les travailleurs obéissent sans réflechir à un seul ordre : produire. Encore plus. REN TA BI LI TE. Voici le seul leitmotiv des patrons ambitieux. Dans cette ambiance quelque peu confuse, Charlot dédramatise la crise à travers des clowneries cinglantes et des maladresses subtiles et désopilantes. Il tente de traduire l'aspiration qu'a chaque homme de croire en ses rêves. Dans les Temps modernes, la rencontre entre Charlot et la jeune fille est prétexte à des rêves tout à fait communs : trouver un travail pour acheter une maison. Et Charlot se montre opiniâtre à réaliser ce rêve. Enfin, dans la scène finale, l'acteur interprète Modern times, chanson immortalisée grâce à son film. Les temps modernes incarne toute l'insouciance d'un individu naïf et clownesque dans une société en pleine décadence. Charlot est rigolo comme un Louis de Funès en moins nerveux. Du très bon cinéma, à la fois humoristique et dénonciateur.
Modern times (la video)







