LES TEMPS MODERNES, de Charlie Chaplin

LES TEMPS MODERNES, de Charlie Chaplin
MON NOUVEAU FILM CULTE !!!

Au coeur de l'Amérique des années 1930, l'évocation de la crise à travers la critique du capitalisme. Des dizaines d'hommes vont à l'usine. Parmi eux, Charlot, un ouvrier qui peu à peu, devient aliéné par le travail à la chaîne. Hospitalisé, il doit retrouver du travail s'il veut survivre. Malgré lui, il est embarqué dans de sombres histoires mais il s'en sortira toujours, notamment grâce à sa rencontre avec une jeune fille vagabonde et orpheline avec qui il envisage de trouver une maison.

Le début, un fondu enchaîné comparant un troupeau de moutons à des hommes se rendant au travail, est une entame intelligente à cette grâcieuse philippique d'une société livrée au capitalisme et à l'individualisme triomphant. Il y a un fort taux de chômage, des manifestations, des grèves ; les usines ferment et licencient à tout va, des pauvres dorment dans la rue, les moins fiers d'entre eux volent pour s'en sortir ; les travailleurs obéissent sans réflechir à un seul ordre : produire. Encore plus. REN TA BI LI TE. Voici le seul leitmotiv des patrons ambitieux. Dans cette ambiance quelque peu confuse, Charlot dédramatise la crise à travers des clowneries cinglantes et des maladresses subtiles et désopilantes. Il tente de traduire l'aspiration qu'a chaque homme de croire en ses rêves. Dans les Temps modernes, la rencontre entre Charlot et la jeune fille est prétexte à des rêves tout à fait communs : trouver un travail pour acheter une maison. Et Charlot se montre opiniâtre à réaliser ce rêve. Enfin, dans la scène finale, l'acteur interprète Modern times, chanson immortalisée grâce à son film. Les temps modernes incarne toute l'insouciance d'un individu naïf et clownesque dans une société en pleine décadence. Charlot est rigolo comme un Louis de Funès en moins nerveux. Du très bon cinéma, à la fois humoristique et dénonciateur.

Modern times (la video)

# Posté le samedi 14 février 2009 18:12

SOIREE RONDEETJOLIE.COM, 24 JANVIER 2009

SOIREE RONDEETJOLIE.COM, 24 JANVIER 2009
De gauche à droite :
Kathleen, mon amie Sophie, moi, mon amie houba1304 et de profil, ma soeur Françoise.

# Posté le jeudi 12 février 2009 16:28

LE VOYAGE DU BALLON ROUGE, de Hou Hsiao Hsien

LE VOYAGE DU BALLON ROUGE, de Hou Hsiao Hsien
Simon, 7 ans, parents divorcés, habite à Ménilmontant avec Suzanne, sa maman. Celle- ci est comédienne et prépare actuellement un spectacle de marionnettes. Débordée, elle prend contact avec Song Fang, une jeune chinoise, étudiante en cinéma, pour s'occuper de Simon.

La façon de filmer est peu commune, novatrice. Une force persuasive émane des images. Il n'y a pas de scénario : les répliques sont trouvées spontanément. Le rôle de Suzanne, joué par Juliette Binoche, laisse libre cours aux contextes, aux situations. Hou Hsiao- Hsien explique, dans le bonus, que l'actrice n'a pas appris de texte. Elle s'est retrouvée seule, face à la caméra, improvisant le texte selon les situations. Et tout file d'une manière totalement transparente. Si l'on sent la spontanéité, on remarque aussi l'aisance de Juliette Binoche qui habite son rôle et le vivifie avec une grande force de persuasion. Hou Hsiao- Hsien filme les personnages au plus près de leur quotidien, mais un quotidien décharné de la peur et de la misère. Une sorte de routine un peu bohême et un peu floue. Le canevas de l'histoire fait qu'on ne sait pas vraiment où tout cela nous mène. D'ailleurs, le film se termine un peu en queue de poisson, avec une interrogation sur l'avenir : alors que Simon est au musée d'Orsay, en train de regarder le ballon de Félix Valloton avec un groupe d'enfants, le film se referme, avec une ouverture possible sur l'espoir. L'itinéraire de Simon est intéressant, livré à lui-même au début du film, il se retrouve comme dépassé par les évènements à la fin : à peine rentré, il monte se coucher, pense-t-on pour se réfugier dans autre chose, fuir la réalité trop brutale. En fait, Simon n'a pour seul ami que ce ballon rouge, qui intervient toujours sur quelques notes de piano (musiques de la chanteuse Camille), adoucissement de l'oeuvre bousculée par le rythme de vie de Suzanne. Juliette est surprenante dans son rôle de femme moderne et débordée, et le jeu de Fang Song (rôle de Song), discret mais efficace, est aussi à souligner.

J'ai aimé ce Paris si bien évoqué, à la manière d'un Doisneau contemporain : scènes de vie réalistes et modernes entre Bastille, Ménilmontant, le quai de Jemmapes, le canal Saint Martin, clichés de Notre Dame, plans sur les toits de Paris. Et puis, dans ce film, tout respire l'art : il y a les 20 ans du Musée d'Orsay avec l'évocation des impressionnistes, la leçon de piano, les répétitions du spectacle de marionnettes, le juke box qui joue Emmenez moi d'Aznavour, le cinéma avec les films de Song,
Sens de l'esthétisme, inventivité, sensibilité, bien qu'étrange le voyage du ballon rouge est complètement réussi. Il a fait partie de la sélection officielle du Prix Un certain regard à Cannes, en 2008.


QUELQUES CRITIQUES PRESSE

"Un film qui frôle le sublime [...] Le plus beau rôle de Juliette Binoche." (New York times)

"Un très beau conte (...) assez cocasse en surface mais peu à peu absolument bouleversant. " (J.M. Lalanne, les inrockuptibles)

"L'art de faire du cinéma : voilà le fil rouge de ce film qui use du reportage émerveillé, du réalisme et de l'improvisation (...) une étourdissante Juliette Binoche (...) à la fois dispersée par ses problèmes et ludique, radieuse, en récréation permanente." (J.L. Douin, le Monde)

"Ce film buissonnière à l'atmosphère poétique nous montre une Juliette Binoche pas dirigée du tout, laissée totalement libre dans une ville empreinte d'une réelle nostalgie." (A. Grasset, le Parisien)

"Un chef d'oeuvre !" (El Pais)

# Posté le lundi 02 février 2009 18:25

LA VISITE DE LA FANFARE, d'Eran Kolirin

LA VISITE DE LA FANFARE, d'Eran Kolirin
Un jour, il n'y a pas si longtemps, une petite fanfare de la police égyptienne arrva en Israël. Huit musiciens viennent pour l'inauguration d'un centre culturel arabe dans la petite ville de Petah Tikva. Mais à leur arrivée à l'aéroport, personne ne vient les accueillir. Ils sont alors obligés de se débrouiller seuls pour se diriger vers Petah Tikva, un lieu dont ils ne connaissent rien. Au gré de leur avancée, ils arrivent dans une petite ville déserte où une femme accepte de les héberger pour la nuit. Les uns sont musulmans et parlent arabe, les autres sont juifs et parlent hébreu. Dans un anglais approximatif, ils vont réussir à se comprendre.
Un jour, il n'y a pas si longtemps, une petite fanfare de la police égyptienne arrva en Israël. Peu de gens s'en souviennent, cette histoire semblait sans importance....

Ce très beau film met une croix sur le conflit qui oppose depuis des décennies l'Israël aux pays arabes. Eran Kolirin cherche à faire valoir la réconciliation. On le voit à travers plusieurs scènes : quand Khaled l'arabe passe la soirée avec les deux juifs qui l'emmènent à une soirée. Quand de son côté,Toufik passe la soirée au restaurant avec Dina, où chacun livre son secret... L'impression que les haines s'effacent le temps d'un film. Indispensable de noter que les acteurs sont très à l'aise. Il y a une réelle force dans le jeu, que ce soit Sassan Gabai (Toufik) qui interprète avec brillance son personnage un peu égaré, ou Ronit Elkabetz, la femme oubliée, meurtrie par une vie trop quelconque ou pense-t-on ravagée par l'humiliation et la guerre. Il y a de beaux moments de cinéma avec la scène de la drague, la répétition du concert sur la place déserte, en pleine nuit. Et puis, la musique, thème majeur du film, apparaît comme un rôle à part entière : elle est le trait d'union entre les deux peuples. Pendant le dîner par exemple, juifs et arabes parviennent à échanger sereinement en évoquant Schubert, le Summertime de Gerschwin ou Chet Baker. La visite de la fanfare est une très belle production, peut-être un peu courte (1h18) qui a vallu à son réalisateur, Eran Kolirin plusieurs récompenses à Cannes : Coup de coeur du jury Un certain regard, le prix de la critique internationale, et le prix de la jeunesse. Fable moderne, le film est un message d'espérance.


QUELQUES CRITIQUES PRESSE

"un petit bijou d'humanité : très drôle, enjoué, mais aussi fragile comme la situation politique au Proche-Orient. " (V. Dumez, AvoirAlire.com)

"Eran Kolirin trouve le juste tempo de sa composition, de la finesse des dialogues à l'intensité des silences, de longues séquences en scènes drolatiques filmées en plans larges. Un régal." (D. Widemann, l'Humanité)

"Du sourire à la gravité, de l'humour en demi-teinte à l'incommunicabilité angoissante, le film dessine ainsi un parcours idéal, celui de l'art qui serait un moment de grâce pour faciliter le pardon et le rapprochement." (le Figaroscope)

"La Visite de la fanfare est d'abord une fable humaniste, un moment d'apesanteur (...) une histoire d'amour (...). Sous des apparences d'une merveilleuse simplicité, le premier film d'Eran Kolirin parle sans faux-semblants de la complexité du monde et des sentiments." (D. Roth- Bettoni, Première)

# Posté le jeudi 29 janvier 2009 06:36

Modifié le jeudi 29 janvier 2009 10:02

6 MILLIARDS D'AUTRES, projet de Yann Arthus- Bertrand et de l'association Goodplanet, réalisé par Sibylle d'Orgeval et Baptiste Rouget- Luchaire.

6 MILLIARDS D'AUTRES, projet de Yann Arthus- Bertrand et de l'association Goodplanet, réalisé par Sibylle d'Orgeval et Baptiste Rouget- Luchaire.
Le mari d'Anna est mort, et depuis quand on lui parle de bonheur, Anna l'italienne répond que le soleil est mort. Nukhbat, qui vit au Pakistan, s'étonne que tout le monde lui demande pourquoi elle vit seule. Jalil, l'Afghan, a quitté son pays pour fuir le régime taliban. Ranjana, l'indienne de New Delhi, ne veut pas se marier. Après le passage de Katrina, Ana a retrouvé sa maison en ruines. Au Kenya, dit Kisean, l'important ce n'est pas d'avoir de l'argent, mais c'est d'avoir des vaches....
Ce livre, projet de Yann Arthus- Bertrand, contient des milliers de témoignages de personnes anonymes venues du monde entier. Elles répondent à des questions aussi diverses que : Qu'est ce que le bonheur pour vous ? D'après votre expérience, qu'est ce que la guerre ? Avez- vous déjà souffert de discriminations ? Que représente la famille pour vous ? Qu'est ce que Dieu pour vous ? Au total, ce sont des centaines de personnes aussi différentes les unes que les autres qui se sont frottées à ce petit jeu. Emouvant, dur selon les expériences vécues, optimiste, ce livre conjugue les vies de chacun d'entre nous, nous enseigne beaucoup sur le sens de nos vies.
D'Afrique, d'Océanie, d'Europe ou d'ailleurs, jeunes, vieux ou d'âge intermédiaire, heureux ou tristes, hétéros, trans ou asexuels, exilés ou apatrides, musulmans, athées, catholiques ou bouddhistes, ces citoyens du monde nous montrent la richesse d'une humanité qui se veut pleine d'Espérance.
Ce livre soulève la question de quoi est fait le monde. Et on s'aperçoit que la majorité de ceux que nous sommes aspirent à la même chose : la liberté. Quand les humains parlent d'Humanité, cela donne un florilège d'espoir et de sagesse. Ce livre bouscule les idées reçues et nous sert de trait d'union entre nos différentes cultures, entre tous ces visages qui sourient et qui nous parlent autant que tous les messages du monde. Il est urgent de découvrir ces autres, nos compagnons de galère, nos doubles des antipodes, nos frères...

Magnifique ! Surprenant !

Ecouter des témoignages, en savoir plus sur le projet, découvrir et partager des tranches de vie, témoigner à son tour, c'est sur 6 milliards d'autres ou sur Good planet...
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# Posté le mardi 27 janvier 2009 10:25

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 14:07

TORNANDO A CASA, de Vincenzo Marra

TORNANDO A CASA, de Vincenzo Marra
Un groupe de pêcheurs napolitains s'engage sur les eaux territoriales africaines car le poisson y est plus abondant. Mais après avoir franchi la frontière de navigation, ils sont attaqués par les garde- côtes tunisiens. De retour à Naples, l'un de ces pêcheurs, Franco, retrouve Rosa, sa petite amie, avec qui il veut partir en Amérique. Leur projet est d'ailleurs proche car il ne manque que quelques papiers à fournir. Quelques jours plus tard, Rosa est victime d'un stupide accident et décède. Franco, désabusé repart avec les pêcheurs et envisage, de nuit, de mettre fin à ses jours, mais au moment où il s'y apprête, il entend un appel au secours : au loin, un homme est en train de se noyer. Franco lui lance alors une bouée et nage jusqu'à lui pour lui porter secours. Le lendemain, les deux hommes sont sauvés par une embarcation transportant un groupe de Nord- africains, se rendant clandestinement vers le territoire italien...

Mon film vient de la nécessité de raconter deux mondes en conflit permanent, mais aussi solidaires. Je voulais montrer la rage, le mécontentement des gens du sud, et l'extraordinaire solidarité qui les unit. explique le réalisateur, qui extrait cette histoire de ses souvenirs d'enfance ; quand il était enfant, ses parents l'ont emmené en vacances à Pantelleria, île au sud de la Sicile. Tornando a casa est en quelque sorte adapté d'un fait réel.
Pour ce film, Vincenzo Marra n'a pas fait appel à des comédiens professionnels. De même qu'il n'a pas fait joué les pêcheurs, il les a filmé, comme à leur ordinaire, pour accentuer le réalisme de cette fable moderne et poignante. Majoritairement tourné en mer, Tornando a casa (littéralement, retour à la maison), possède une grande force filmique : partagé en deux temps, un premier où Franco a des projets, rêve d'une autre vie aux côtés de Rosa ; puis une autre introduite par la mort de Rosa, qui plonge le personnage principal dans la désillusion et le désespoir. Le scénario, très juste, est à même de rendre compte du quotidien des pêcheurs et de leur difficulté à vivre de leur métier. Mais le thème majeur de cette production est bien sûr l'immigration clandestine. Le sujet est traité avec cohérence, abordé surtout vers la fin alors que les autorités Italiennes renvoient les nouveaux arrivants vers leur patrie d'origine. Le titre prend alors tout son sens, sauf pour Franco qui, récupéré tout à fait par hasard par les clandestins, est envoyé par erreur vers une terre qui n'est finalement pas la sienne. On assiste à travers le destin et les rêves brisés de Franco à une véritable interrogation sur le rôle et le sens des identités. Entre Europe et Afrique, Vincenzo Marraréussit un très beau témoignage sur l'immigration, sur le destin de milliers d'hommes en quête d'un avenir meilleur...
Scéniquement, le film allie des passages où le tragique domine, à de très belles images baignées de paysages de l'Italie du Sud et de la Sicile. Et les comédiens, non professionnels, réussissent tout de même à nous absorber.
Un premier film (ndr : long métrage) très simple, en demi- teinte, sans éclat ni fadeur, à la fois planant et régit par une grande tension, qui se place comme un coup d'essai, posant les jalons d'une matière filmique encore naissante. A suivre....
Tornando a casa a reçu le prix du meilleur film en 2001 à la mostra de Venise, ainsi que le grand prix du festival d'Annecy 2001.


QUELQUES CRITIQUES PRESSE

"Entre allers-retours et suspension perpétuelle, anonymat et pure mythologie, le récit simple et bouleversant de ces suicidés de la mer renoue avec les plus beaux jours du néoréalisme." (V. Malausa, Chronicart.com)

"C'est la cruelle beauté de Tornando a casa que de montrer à la fois la solidarité qui peut se nouer entre les exclus des deux rives et le tragique dénuement qui les conduit à s'entre-dévorer. (J. Mendelbaum, le Monde)

"Nul doute, de cette singulière descente au coeur de la perte, le réalisateur italien a su extraire une expression de la vie rare et incroyablement palpable." (A. Dubois, les Inrockuptibles)

# Posté le dimanche 11 janvier 2009 16:20

Modifié le dimanche 11 janvier 2009 17:18

L'ANGUILLE (UNAGI), de Shôhei Imamura

L'ANGUILLE (UNAGI), de Shôhei Imamura
LA GENESE DE L'HISTOIRE : Un soir, de retour de la pêche, Yamashita Takuro surprend sa femme en train de faire l'amour à un inconnu. Pris de folie, il la tue de plusieurs coups de couteau, et part se livrer à la police.

Condamné pour 10 ans, il sera libéré au bout de 8 années et mis sous liberté conditionnelle.
Il ouvre alors un petit salon de coiffure aux environs de Tokyo, et reste dans un mutisme profond. Seule une anguille qu'il a adopté, lui sert de confidente. Un jour, Yamashita fait la connaissance de Keiko, une jeune femme qu'il a lui-même sauvé d'un suicide manqué. Il l'emploie dans son salon qui très vite devient un lieu très convoité. Mais avec Keiko, les clients et le temps qui passe, les souvenirs ressurgissent, et Yamashita peine à y faire face...

Les amateurs du Japon et du cinéma Japonais trouveront là une éloquente fiction adaptée d'un roman de Akira Yoshimura. Imamura en fait un conte moderne d'un réalisme accablant. Les interprétations sont très bonnes, notamment le personnage de Yamashita joué par Koji Yakusho. Les personnages principaux sont ambigus, tous confronté à une sombre réalité ou un passé douloureux. En choisissant de ne parler qu'à son anguille, Yamashita souhaite ne pas soulever les maux du passé, et le poisson en devient un personnage à part entière, indissociable du personnage. D'ailleurs, Imamura filme souvent les deux sur les mêmes plans, l'anguille apparaissant régulièrement en arrière plan, comme pour atténuer la souffrance. Le scénario est relativement classique, mais ambitieux. Plusieurs scènes (le meurtre -au tout début-, la découverte de Keiko qui tente de se suicider, la violente bataille dans le salon de coiffure, ...) sont subtilement filmées, comme la narration en images du Japon contemporain.
Ce drame psychologique a été reçu en 1997 la palme d'or à Cannes.


"L'anguille, justement récompensée au 50° festival de Cannes (en 1997) par la Palme d'or, présente une galerie de personnages tous plus complexes et originaux les uns que les autres. Drôle et désespérée, cette fable humaine et majestueuse impose une fois de plus Imamura comme un des maîtres souverains du cinéma."

# Posté le dimanche 04 janvier 2009 16:55

Modifié le vendredi 09 janvier 2009 10:04

LA MECANIQUE DU COEUR, de Mathias Malzieu

LA MECANIQUE DU COEUR, de Mathias Malzieu
Jack naît à Edimbourg une nuit d'hiver particulièrement froide de 1874. Ce froid paralyse son coeur qui l'empêche de fonctionner normalement. Pour remédier à ce dysfonctionnement, le docteur Madeleine, la sage-femme qui le met au monde remplace le coeur par une petite horloge. Mais avec ce mécanisme, Jack devra éviter les émotions et les sentiments trop forts (colères, amour...). Malheureusement, quand il grandit, sa différence provoque des moqueries de la part des autres, notamment de Joe, qui en vient à le frapper. Un jour, Jack rencontre Miss Acacia, "une petite chanteuse" dont il tombe amoureux. C'est le début d'une histoire d'amour un peu compliquée dans laquelle Jack devra être assez fort pour ne pas dérégler sa "mécanique du coeur". Mais tout ne sera pas si simple car son pire ennemi Joe connaît lui aussi Miss Acacia, et va connâître une aventure avec elle...

Cette histoire plein de tendresse est écrite très naturellement. L'étonnante histoire du petit Jack est plein de féérie, de mystères. Mathias Malzieu implique dans son histoire des personnages de toute une époque, Jack l'éventreur, Georges Méliès -qui sera l'ami et le confident de Jack-. L'histoire est bien écrite, malgré quelques rares passages que je trouve moins travaillés. Avec toute la verve d'un Lewis Carroll, le chanteur de Dionysos nous transporte dans un univers très british. La mécanique du coeur est un beau roman, judicieusement mis en musique par son auteur (avec Dionysos et Olivia Ruiz entre autres). C'est aussi un conte qui appelle à la tolérance et au respect de la différence. Fable moderne puissante, l'histoire procure de grands moments de tendresse et d'émotion... Adaptée en comédie musicale, l'oeuvre est tout simplement géniale. A côté, le soldat rose fait vraiment tâche...

"Première bande originale de livre de l'histoire du groupe, La mécanique du coeur fait figure de 'Soldat rock', où les Dionysos invitent le haut du panier chanson-rock-ciné-pop-classe d'ici à rentrer dans leur univers. Chacun y joue un rôle et contribue à mettre le roman en musique : Arthur H, Emily Loiseau, Grand Corps Malade, Alain Bashung, Jean Rochefort, Eric Cantona, Rossy De Palma, Olivia Ruiz... Oeuvre hybride, meilleure production du groupe à cette date. Portés par une musique évoquant le rap blanc de Buck 65 ou de The Streets, et par des arrangements dignes de Sufjans Stevens ou de Burt Bacharach, les personnages seront habillés par Joann Sfar." (extrait de la notice discographique du cd)

"Le jour de la naissance de Jack, en 1874 à Edimbourg, est si froid que son coeur en reste gelé. La sage-femme qui l'a mis au monde, mi-sorcière mi-chamane, remplace l'organe défectueux par une horloge qu'il ne faut pas oublier de remonter tous les matins. Le garçon doit aussi éviter toute émotion : pas de colère, pas d'amour. Mais il va rencontrer une chanteuse de rue au regard de braise..." (extrait de la notice bibliographique du roman)

Site web de Dionysos

Du même auteur : maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi

# Posté le mardi 30 décembre 2008 05:19

Modifié le mardi 30 décembre 2008 07:18