L'EMPLOI DU TEMPS, de Laurent Cantet

L'EMPLOI DU TEMPS, de Laurent Cantet
Vincent vient d'être licencié. Pour ménager sa femme Murielle qui sort d'une dépression, il lui tait la nouvelle et fait croire qu'il a trouvé un meilleur poste dans une grande administration dont le siège est en Suisse. Refusant la réalité, il se retrouve très vite endetté. Quand Murielle apprend la vérité, Vincent a accepté un poste illégal dans une petite organisation qui achète à bas prix sur les marchés émergeants des produits contrefaits pour le revendre à un prix concurrentiel sur le marché français. Vincent réussira-t-il à se sortir de ce traquenard et à retrouver une vie confiante et sereine auprès de sa famille ?

Inspirée d'un fait divers, cette histoire met en scène un homme confronté à une situation professionnelle inconfortable. Outre cette situation, il cherche à transformer la réalité auprès de ses proches. Sa volonté de gagner du temps en faisant croire que tout va bien l'amène à une chute lente et progressive.
Dans un premier temps, Vincent est confiant et optimiste. On le voit notamment lorsqu'il parvient à entrer au siège de l'UCDI se mêlant clandestinement à des cadres qui y rentrent. Mais peu à peu, VIncent s'enfonce. A la fin, Laurent Cantet le filme en train de s'enfoncer dans la nuit, sur un chemin au bout duquel ne semble apparaître aucune lumière. Pourtant, la lumière des phares d'une voiture qui passe veut signifier que tout n'est pas perdu, comme l'incarnation d'un espoir ou d'un salut. Le moment où Vincent touche le fond est lorsqu'il s'engage dans cette petite entreprise de contrefaçon. Embrigadé par le responsable, il voit en ce poste une façon de gagner de l'argent et de pouvoir rembourser tous les proches à qui il a fait appel pour financer sa vie secrète. Au début, une scène anticipe le futur du héros : lorsque Vincent roule le long d'une voie ferrée et qu'un train finit par le dépasser, allusion d'un homme qui finira par perdre pied, dépassé par les événements...

Ceux qui me connaissent savent mon engouement pour les films de Laurent Cantet : j'aime sa façon de filmer, d'aborder des drames psychologiques en mettant en avant des sujets d'actualité. Cantet fait aussi du très bon avec des acteurs totalement inconnus, et souvent non professionnels. On l'a vu dans Ressources Humaines où il filme de vrais ouvriers d'usine, dans Entre les murs où il fait jouer de véritables professeurs de collège et des élèves de 4° qui n'ont aucune formation au métier. Dans l'emploi du temps, le duo Karin Viard / Aurélien Recoing évolue au milieu de comédiens pris au gré des rencontres. AInsi, peu d'entre eux sont de véritables initiés au métier d'acteur. Malgré tout, à chaque fois, il en ressort une réussite. Ce qu'il y a de bien aussi chez Cantet, c'est qu'il ne s'embarasse pas de fioritures, de trucages ou d'autres effets spéciaux. Il filme ce qu'il y a à filmer, comme si ce qui se passait là parlait tout seul. L'emploi du temps est un drame mené tout en douceur et interprété de main de maître par deux acteurs bien dans leur rôle, et un scénario parfait.
L'emploi du temps n'est plus distribué dans le commerce depuis 2002. Il s'agit donc d'une oeuvre rare, récompensée d'un lion de l'année au festival de Venise. A noter la présence des petits Cantet, les propres enfants du réalisateur dans les rôles de Félix et de Marie.


Le dvd contient en bonus des interviews de Laurent Cantet et Son premier long métrage intitulé les Sanguinaires (voir critique dans l'article ci- dessous)

QUELQUES CRITIQUES PRESSE

"Ce troisième film de Laurent Cantet est une véritable merveille d'intelligence, de rythme, de justesse dans la mise en scène de la perte. On y mesure toute l'étendue du paradoxe qui fait de la fuite quelque chose à la fois de salutaire et de vain, c'est-à-dire de voué à l'échec. " (H. Raymond, fluctuat.net)

"Jonglant du début à la fin (avec son superbe pied de nez) sur l'ambivalence, des personnages (tous, sans exception), des situations, L'Emploi du temps est un film d'errance magnifié par les paysages hivernaux, une réflexion jamais pesante sur notre rapport au travail et sur les codes imposés par la société." (N. Saint-Bois, ouirock.com)

"le troisième long métrage de Laurent Cantet confirme le talent d'un cinéaste qui élabore une oeuvre sobre et irréprochable, aussi discrète que stimulante. " (L. Robert, Chronicart.com)

"Etrange, ce film d'un réalisateur décidément diablement intéressant, Laurent Cantet, à qui l'on doit, en guise de coup d'essai-coup de maître, Les Ressources humaines, incursion criante de vérité dans le monde de l'entreprise et les conflits de milieux sociaux." (A. Coppermann, les Echos)

# Posté le samedi 07 mars 2009 17:55

Modifié le dimanche 15 mars 2009 18:34

LES SANGUINAIRES, de Laurent Cantet

LES SANGUINAIRES, de Laurent Cantet
Dans quelques jours, c'est l'an 2000. François souhaite passer le réveillon avec tous ses amis mais loin du festivités. Il concocte donc un séjour d'une semaine sur île déserte dans l'archipel des Sanguinaires, au large de la Corse. Loin de tout et bien sûr, sans télé, sans portable, ni ordinateur, ni jeux vidéos. Avec plus ou moins de facilité, les amis conviés se prêtent au jeu...

Une île déserte. Au loin se dessine les toits d'Ajaccio. Le cadre est sauvage. Il n'y a pas âme qui vive. Seuls les cris des mouettes viennent perturber le silence ; et l'été, des touristes du monde entier, voyageurs de passage font halte dans ce paradis naturel à même pas une demie heure de la côte Corse....
Le film démarre par un effet de masse : artères bondées dans une ville quelconque. Bruits de foule, images d'un troupeau difforme, d'enseignes lumineuses et de décorations. Puis Laurent Cantet entre dans le vif du sujet. Gros plan sur François (incarné par Frédéric Pierrot). En à peine quelques secondes, nous voilà aux Sanguinaires. L'histoire commence. Cela pourrait ressembler à un huis clos s'il n'y avait pas les nombreuses scènes en extérieur. Isolé du monde, le groupe d'amis apprend à rompre avec leurs habitudes, à vivre en communauté. A eux s'est ajouté Stéphane, le gardien de l'île (joué par Jalil Lespert). Solitaire bien que totalement sociable, son rôle est ambigu. Il n'a aucun mal à s'intégrer au groupe et a même tendance à s'immiscer de trop près dans des affaires qui ne le concernent pas... ce qui énerve François, un caractériel utopiste qui n'avait pas prévu cette présence. Les deux personnages clés offrent donc un contraste saisissant par leur personnalité opposée. Ce qui est bluffant, c'est le naturel des comédiens (tous des inconnus à l'exception de Djalil Lespert et Frédéric Pierrot qui ont fait des apparitions dans d'autres films.) On a l'impression qu'ils ne jouent pas, si ce n'est eux- même. Aucun cliché. Et on y croit ! Aussi parce que Laurent Cantet a choisi de ne pas surcharger ni les dialogues ni les images. La simplicité est exemplaire. Le courant est fluide ; les plans se succèdent entre paysages maritimes et scènes de vie communautaire. Le cinéma de Cantet reste souvent un laboratoire social. Dans les Sanguinaires, il traite de l'individualisme, évoque de loin une jeunesse actuelle sans repères. L'exil de ses personnages est vécu non comme un enfermement ou un isolement, mais un moyen de se rapprocher, de se parler, chose qui n'aurait pas été possible dans tout le bordel planétaire. Un seul regret toutefois pour cette réalisation : le sentiment d'une fin en queue de poisson.

Entre "l'idéaliste qui veut être tranquille avec ses amis sur une île et les 4 milliards de crétins en meute assis devant leur télé, à frapper en cadence dans les mains : l'an 2000 !! l'an 2000 !!", je crois que je n'aurais pas eu de mal à choisir mon camp... :)

Une autre critique du film, très bien faite

# Posté le samedi 07 mars 2009 19:27

Modifié le jeudi 19 mars 2009 19:54

SAEZ, Victoires de la musique 2009

My yellow tricycle, nouvel album de Damien Saez, sortira le lundi 16 mars 2009.

En vidéo : Damien était nominé aux XXIV° victoires de la musique dans la catégorie "Album Pop- Rock de l'année" avec son triple album Paris / Varsovie / L'alhambra.

# Posté le dimanche 01 mars 2009 12:41

Modifié le jeudi 15 octobre 2009 05:39

IL Y A LONGTEMPS QUE JE T'AIME, de Philippe Claudel.

IL Y A LONGTEMPS QUE JE T'AIME, de Philippe Claudel.
RECOMPENSE AUX CESARS 2009

Après avoir purgé sa peine de 15 ans d'emprisonnement, Juliette Fontaine est recueillie par sa soeur Léa qui l'héberge en attendant qu'elle retrouve un travail. Au, bout de quelques temps, Juliette est engagée sur un poste de secrétaire dans un hôpital. Malgré la gentillesse de sa soeur, Juliette peine à reprendre une vie normale ; rattrapée par le passé, elle est victime du regard des autres et des préjugés. Mais en fait, que s'est- il réellement passé il y a 15 ans ?

C'est l'histoire d'une femme qui a tué son fils, son enfant alors qu'il n'avait que 6 ans. Philippe Claudel filme avec adresse ses retrouvailles avec sa soeur Léa. Les deux premiers rôles sont joués par un duo féminin de choc : Kristin Scott Thomas et Elsa Zylberstein, deux actrices dont l'interprétation est à saluer. Les autres acteurs sont globalement assez inégaux : il y a du bon et du moins bon dans leur jeu mais ils s'en sortent assez bien. Luc, le père méfiant. P'tit Lys, la petite fille adoptée, innocente (elle apporte d'ailleurs beaucoup de fraîcheur par son attitude rayonnante et insouciante). Papy Paul, le grand- père devenu muet, qui assiste avec philosophie aux évènements. Fauré, le capitaine dépressif. Léa, la soeur charitable. Michel, l'ami sécurisant et compréhensif sont les différents protagonistes de ce film. Mais de tous, c'est sans doute Juliette qui intrigue le plus : mystérieuse, pudique souvent, mutique parfois, semblant détruite, elle est à nos yeux source de toutes les interrogations.
Le scénario, signé du réalisateur, est assez bien cousu. Il y a du suspense. L'ambiance est grave. Petit à petit, les noeuds de cette intrigue se révèlent. La vérité explose à environ 15 minutes de la fin : l'affaire prend alors une autre tournure ; la colère que l'on ressentait à l'égard de Juliette se transforme alors en un autre sentiment qui variera en fonction du spectateur. C'est finalement cela qui fait la force de ce film : il nous laisse seul face à une reflexion personnelle sur le sens des valeurs et de l'éthique. Abordant plusieurs sujets de société -l'adoption, l'euthanasie, la réinsertion-, ce film peut laisser un goût amer mais a le mérite de présenter un mélodrame bien construit et haletant. Pour son premier film en temps que réalisateur, Philippe Claudel a eu 7 nominations pour Il y a longtemps que je t'aime. Son film a reçu deux distinctions : Prix du jury oecuménique, et en 2009, le BAFTA du meilleur film étranger. A noter enfin que Kristin Scott Thomas a obtenu en 2008 un prix de la meilleure actrice européenne pour son rôle de Juliette. Aux Césars 2009, Elsa Zylberstein a reçu le César du meilleur second rôle, et Philippe Claudel le César du meilleur premier film.


QUELQUES CRITIQUES PRESSE

"Jamais Kristin Scott Thomas n'a été aussi émouvante qu'avec ce visage nu de revenante, tout en ombre changeantes." (M.N. Tranchant, Le figaroscope)

"Lentement, l'ambiance sombre du début laisse passer la lumière du renouveau. La musique poétique de Jean-Louis Aubert rythme ce premier film imparfait mais hors mode." (C. Haas, Paris Match)

"Claudel impressionne. Novice en cinéma, il impose d'emblée un style (...) où les mots précèdent l'impact des images (...) sans avoir fait de nous les otages d'un chantage affectif. " (C. Gomez, le journal du dimanche)

"Le regard du cinéaste finit par émouvoir alors que l'insoutenable vérité éclate au grand jour, lors d'une scène finale lacrymale qui vaut bien à elle toute seule deux heures d'attente." (F. Mignard, aVoir-aLire.com)

# Posté le dimanche 22 février 2009 17:29

Modifié le mardi 03 mars 2009 15:50

LE CARNAVAL DES ÂMES (Carnival of souls) de Herk harvey

LE CARNAVAL DES ÂMES (Carnival of souls) de Herk harvey
Rescapée d'un terrible accident de voiture, Mary Henry décide de repartir de zéro. Elle quitte sa ville et s'installe à Salt Lake City dans une petite pension et trouve un emploi d'organiste dans la paroisse locale. Sa nouvelle vie lui fait rencontrer M. Linden, un jeune voisin qui vit dans la même pension. En parallèle, un mystérieux spectre semble la poursuivre. ntriguée par un vieux bâtiment abandonné, elle entreprend de s'y rendre. Ce qu'elle va y découvrir relève de l'horreur...

INEDIT EN FRANCE, ce film culte du cinéma fantastique date de 1962. On y retrouve un personnage central incarné par Candace Hilligoss, seule survivante d'une course de voitures qui a mal tourné. Sa seconde vie s'articule autour de cet étrange bâtiment, de taille imposante par lequel elle semble être attirée, et de l'apparition récurrente d'un homme fantomatique, au teint blafard et au regard diabolique. Le bâtiment la projète dans le passé. Elle assiste alors à une scène macabre : danse de zombies dans une attraction désastre, scène que l'on croirait surgie d'un tableau de Füssli. Mary comprendra alors le sens de sa nouvelle vie.

Carnival of souls a influencé de nombreux réalisateurs. On fera facilement un rapprochement avec La nuit des Morts Vivants, de Romero, lorsque les morts- vivants se réveillent. L'atmosphère qui émane du film de Harvey est absorbante ; une musique souvent profane nous emmène dans un environnement glauque qui nous fige dans la peur. Ambiance que l'on a déjà rencontré dans le Eraserhead de David Lynch. Ce dernier a d'ailleurs dit, en parlant de Carnival of souls : ce film a souvent hanté mes rêves. A l'origine en noir et blanc, il existe une version couleur dans laquelle seuls les fantômes restent en Noir et blanc. Chef d'oeuvre du cinéma fantastique, le film de Herk Harvey est devenu culte. Il a inspiré notamment Tim Burton, Claude Chabrol ou plus récemment Night Shyamalan. Les amateurs du cinéma d'horreur trouveront en ce film une belle réalisation, ancêtre de bien des productions futures....
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# Posté le vendredi 27 février 2009 17:51

LES 3 VISAGES DE LA PEUR, de Mario Bava

LES 3 VISAGES DE LA PEUR, de Mario Bava
3 nouvelles (de Maupassant, Tchekhov et Tolstoï) adaptées par le cinéaste italien Mario Bava.

Le téléphone
Une jeune femme s'apprête à se coucher quand son téléphone sonne, à plusieurs reprises et sans retenue. Une voix apparemment masculine lui apprend que ce soir, quelqu'un va venir la tuer.

--> Digne d'un scénarion hitchcockien, noyé dans une ambiance suffocante,ce film dont le premier rôle est tenu par Michèle Mercier procure un pur moment de suspense. Considéré comme un giallo, un genre typiquement italien, Le téléphone apparaît comme une belle énigme au retournement subtilement amené.

Les wurdalaqs
Une femme se fait passer pour un vampire et hante les campagnes de Roumanie. Ses victimes, toutes des proches, finissent par périr.

--> Ce second film (28 minutes) est encore plus sinistre. Mêlant des paysages fantastiques à une atmosphère lugubre (ruines, personnage drapé d'une cape noire...), les scènes principales se passent la nuit ce qui donne encore plus de volume à l'oeuvre.

La goutte d'eau
Miss Chester vient en aide à une patiente dont la mère vient de mourir. Elle dérobe à la défunte la bague qu'elle portait au doigt. Mais très vite, de retour chez elle, Chester va être témoin de phénomènes étranges et d'hallucinations.

--> Chapeau ! Mario Bava fait intervenir ici une peur intense. Dès que Miss Chester porte la bague, la morte semble se relever ; son visage est terrifiant, tel celui d'un mannequin de cire complètement ridé. La goutte d'eau nous fait littéralement sombrer dans l'horreur. Avec les cris qui vont avec.


Introduits et clôturés par Boris Karloff, ces trois films sont d'une grande rigueur cinématographique. Le premier relevant plus d'une intrigue policière, précède une plongée dans le vampirisme, que suit une épopée funèbre au climat glacial. Au fil des images, on se sent projeté dans l'effroi, de façon crescendo. Une belle réussite du cinéma fantastique.
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# Posté le vendredi 27 février 2009 11:00

Modifié le vendredi 27 février 2009 17:53

LIBERO, de Kim Rossi Stuart

LIBERO, de Kim Rossi Stuart
Tommi, un enfant de 11 ans, vit avec sa soeur Viola et son père Renato dans un appartement. Sa mère, Stefania, les a abandonné il y a déjà quelques années. Mais un soir, alors qu'il rentre avec sa soeur, Tommi trouve sa mère qui les attend sur le palier...

Dans ce film, Kim Rossi Stuart filme l'enfance. Celle de Tommi, un enfant évoluant au sein d'une famille monoparentale. Il y a beaucoup à dire sur son personnage : il subit la pression de son père, dans un environnement familial complexe. Il a du mal à avouer ses sentiments : on le voit quand il agit en cachette pour glisser un mot d'amour à Monica, une fille de sa classe. Il s'invente l'amitié de Claudio, un camarade totalement mutique et renfermé. Il rêve de faire du football alors que son père veut le voir champion de natation. Ce père, qui revient régulièrement au coeur de cette histoire tient un rôle important : optimiste bien que dans une situation précaire, il se montre comme un homme courageux, veillant à la bonne éducation de ses enfants. Ses accès de colère ne lui font pas perdre pied et il tente de conserver l'union qui règne entre eux. Il y a enfin Stefania, une femme absente, qui apparaît finalement que très peu dans le film. Ce que l'on sait d'elle reste infime. Les indications que nous indique Renato ne suffisent pas à nous faire deviner quelle est sa véritable vie. Pourtant, scène finale à l'appui, on comprend qu'elle n'est pas indifférente à l'existence de ses enfants, notamment de Tommi, à qui elle adresse un cadeau, une photo accompagnée d'un message : Je ne vais pas bien mais je t'expliquerai plus tard. Un mystère demeuré latent émane du personnage de cette mère à l'existence apparemment bancale.
Kim Rossi Stuart, pour son premier film, fait preuve d'une grande maturité et d'intelligence. Il filme avec brio ces scènes de la vie quotidienne d'une famille au bord de la désunion. Lui- même est acteur (rôle de Renato, le père), un personnage dont il parvient à faire ressortir habilement toutes les facettes. Impossible d'être insensible sur l'interprétation d'Alessandro Morace qui a reçu le prix du meilleur acteur au festival de Flaiano en 2006 : le jeune acteur allie avec finesse l'incertitude et la volonté d'aller au bout de ses rêves et de ses envies.
Un film est maîtrisé de bout en bout ; absolument touchant, Libero est un bijou du cinéma italien contemporain qui a reçu à Cannes en 2006 le prix Art et essai à la quinzaine des réalisateurs. En Italie (festival de Flaiano), Kim Rossi Stuart a reçu le prix du meilleur réalisateur.


QUELQUES CRITIQUES PRESSE

"Dès les premiers plans,, il paraît évident que Stuart (...) a pensé à tout, et surtout à éviter les clichés. (...) Libero possède une cohérence rare dans le cinéma italien contemporain (...)." (J. B. Morain, les Inrockuptibles)

"La maestria avec laquelle Kim Rossi Stuart joue lui-même le père touchant et pathétique, la délicatesse avec laquelle il suggère le malentendu entre un père et son fils (...) ne seraient rien sans son talent à capter un émoi d'enfant sur un visage triste (...)." (J.L. Douin, le Monde)

"Sincère, écorché, tendre, douloureux, prenant. Pudique parce que jamais larmoyant ni emphatique." (Ouest France)

"un premier film cruel et sensible, entre Les 400 Coups, de Truffaut, et L'Enfance nue, de Pialat. " (J. Morice, Télérama)

"Un portrait d'une justesse inouïe, jamais dans le jugement mais dans la force des sentiments. Cette sensibilité vive, écorchée nous transporte. Déchirant." (E. Frois, le Figaroscope)
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# Posté le mardi 24 février 2009 17:25

Modifié le mardi 24 février 2009 17:44

LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA, de Robert Wise

LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA, de Robert Wise
Début des années 1950, un OVNI atterrit en plein Washington. Affolée, la population assiste à l'apparition de deux personnages : Klaatu, un extraterrestre à l'apparence véritablement humaine, et son fidèle robot, Gort. Devant eux se tiennent des terriens apparemment hostiles, qui pointent des armes sur eux. Pourtant, nul ne connaît les intentions de ces deux êtres venus de l'espace.... Aucun ne devine que les extra- terrestres viennent pour délivrer un message pacifique et humaniste...

Film phare de la science fiction, sorti en 1951, Le jour où la terre s'arrêta est une belle production, en noir et blanc, avec très peu d'effets spéciaux (juste quelques jeux de lumière, et l'arrivée de la soucoupe volante en début de film). Mais outre le côté technique, on est propulsé surtout dans une élégante fiction très ancrée dans le fait historique (début des années 1950 : guerre froide entre U.R.S.S. et Etats- Unis, course pour la conquête de l'espace, lutte anti- communistes (Chasse aux sorcières), souci de la sécurité nationale...). Dans ce contexte, on retrouve une population hostile et apeurée face à l'inconnu. Intelligence supérieure venue d'une civilisation avancée, Klaatu apparaît comme une menace pour la planète Terre ; le gouvernement américain déploie des soldats pour le capturer. Seule Helen Benson, d'abord intriguée par Klaatu, finit par découvrir son secret : l'extra- terrestre lui dévoile son intention : pacifier les hommes de cette planète.
Robert Wise, dans un réel souci de l'esthétique, met en scène cette histoire émouvante portant en elle un message universel. On retiendra plusieurs répliques de Klaatu : ce qui m'effraie, c'est que l'on substitue la peur à la raison et son message pacifique qui referme le film. Remarquable production, cette version originale de Le jour où la terre s'arrêta est une merveille du cinéma américain réunissant plusieurs acteurs de bon pedigree, Michael Rennie, Patricia Neal, Hugh Marlowe ; une distribution bien choisie pour un remarquable film intelligent qui fait refléchir.
Face à ce chef d'oeuvre de Robert Wise, l'adaptation faite en 2008 par Scott Derrickson fait figure de ratage monumental ; une mauvaise copie, en quelque sorte.


CRITIQUE PRESSE

"Le jour où la terre s'arrêta est de ces films que le temps polit pour en faire un modèle du genre, un fleuron de cette époque où la science-fiction servait d'exutoire aux angoisses imposées par la guerre froide et mettait en abyme l'insécurité du monde." (C. Le Ferrand, aVoir-aLire.com)

# Posté le samedi 21 février 2009 04:45

Modifié le samedi 21 février 2009 09:13