CHRONIQUE CD CHANSON FRANCAISE N°12

CHRONIQUE CD CHANSON FRANCAISE           N°12
oooo = J'adooooooooooore !!!
ooo = Très bon
oo = Correct
o = Pas mal mais...


OLIVE ET MOI - Fais moi une passe
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A l'écoute du premier album de ce jeune montpelliérain s'annoncent des points de comparaison possibles entre Miossec et Dominique A. De son propre aveu, les références sont à chercher du côté de Boby Lapointe, Serge Rezvani ou The Cure. C'est évident une fois qu'on le sait. Du premier il reprend les mots à détonations multiples, du deuxième la faculté de composer une chanson avec deux accords et du troisième l'intention minimaliste d'un gros son porté par des gimmicks plutôt que par les riffs des héros du rock. Signé sur le label de référence de la chanson française, j'ai nommé Tôt ou Tard, Olive et Tom est une agréable surprise débarqué dans le paysage totoutardesque en 2008. A savourer encore plus sur le terrain... euh je voulais dire sur scène ;-) ou en jouant au babyfoot :)
Mon morceau préféré : Champion d'immonde.

OLIVIER LIBAUX - Imbécile
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Album concept, "Imbécile" se veut une conversation chantée entre quatre amis (JP Nataf, Philippe Katerine, Helena Noguerra et Barbara Carlotti) au cours d'un dîner arrosé. L'alcool aidant, les langues se délient, la conversation s'accélère et se fait plus intime mais aussi plus féroce. Les joies et les peines des convives se mêlent d'ironie. La musique se promène allégrement au c½ur de la chanson française, évoquant Brassens, Gainsbourg ou Michel Legrand, et tire parti des forces et faiblesses des quatre interprètes qui semblent s'en donner à c½ur joie dans le registre de la pose affectée. Les douze chansons sont des saynètes illustrant les pièges de la vie quotidienne, à écouter comme on lit une pièce de théâtre.
Mes morceaux préférés : Le petit succès (que l'on retrouve sur l'anthologie du label Network, the rough guide to... Paris), ils sont marrants les gens, Mon idéal.

SAMMY DECOSTER - Tucumcari
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Tucumcari est une ville qui se meurt au milieu de nulle part, peuplée de motels poussiéreux aux enseignes des années 50 et où la radio diffuse des titres de Johnny Cash ou d'Elvis Presley. Sammy s'est nourri de cet ailleurs peuplé de perdants magnifiques, et a projeté sur les paysages du nord de la France, les ambiances du grand ouest. Il en a absorbé le vocabulaire, pétri la syntaxe pour donner corps à sa musique.
De la folk coulante, légèrement déjantée, servie par une voix intrigante semblant n'être que celle d'un probable spectre d'Elvis... Entre folk et chanson, ce premier cru de Sammy Decoster vaut le détour.

MARCOEUR - Travaux pratiques
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A l'image du visuel qu'arbore son dixième disque, on se dit qu'Albert Marcoeur nous embarque pour un bien drôle d'univers. Son phrasé totalement atypique, son écriture bizarroïde, ses arrangements étranges font du personnage un créateur inclassable. Je n'aime pas vraiment mais j'avoue adorer des textes comme stock de statistiques ou tant bien que mal, bourrés d'idées et de génie littéraires...
"Féru d'expérimentations mélodiques, rythmiques et sonores, il n'en est pas moins un auteur de textes à la fois légers, drolatiques et décalés. Ses côtés expérimentateur, musicien éprouvé et amuseur lui valurent un temps l'appellation de "Frank Zappa français" (extrait de la page wikipédia de Albert Marcoeur).
--> Si vous avez aimé Marcoeur, vous aimerez Dick Annegarn.

]MES AÏEUX - La ligne orange
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Le sixième album de ce groupe Québecois se veut plein de'énergie et de bonne humeur. 15 titres à saveur folk-rock, aux influences amérindiennes et à l'inspiration pop montréalaise qui explorent les thèmes de l'errance, du voyage, de la recherche d'identité ou de l'écologie.
--> Si vous avez aimé Mes aïeux, vous aimerez les Cowboys fringants.

BANDINI - Diversion
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Entre chanson populaire (Londres, 7 ans), ou allures rock évoquant les Têtes raides (Comme les hommes), ou encore les ballades pop (Espère, Soyouz) qui nous rappellent aux mélodies sombres du premier album l'heure qu'il nous reste à attendre (2005), tel est le second disque des Caennais de Bandini, un mini album assez quelconque qui pioche dans divers genres dans un enchaînement musical qui nous plonge petit à petit vers des airs mélancoliques...

# Posté le mardi 26 mai 2009 06:00

Modifié le mardi 26 mai 2009 12:12

CHRONIQUE CD CHANSON FRANCAISE N°11

CHRONIQUE CD CHANSON FRANCAISE        N°11
oooo = J'adooooooooooore !!!
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FELIPECHA - De fil en aiguille
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Felipecha est un duo de chanson composé de Philippe Chevallier (Felip) et (e) de Charlotte Savary (cha). Une voix féminine côtoyant une masculine, et quatre musiciens additionnels (un guitariste, un contrebassiste, un percussionniste et une violoniste). On pense à la voix d'Olivia Ruiz, alors que le morceau Intra Muros rappelle un peu Mickey 3D. Si l'ensemble n'est pas désagréable, il reste assez irrégulier. Enthousiaste à la première écoute, j'ai finalement découvert un album pas mauvais, mais partiellement réussi.

GERARD ANSALONI - La mort de la vierge
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A l'exemple de Magritte qui affirmait au haut et fort sur son tableau La trahison des choses Ceci n'est pas une pipe, j'ose reprendre sa formule pour cet album : ce disque n'est pas un disque. C'est de la poésie. Mais de la vraie poésie. Tout comme Léo Ferré chantait les poètes (Aragon, Baudelaire...), Gérard Ansaloni chante ses propres textes (pas moins de 37 pages dans le livret). Ouverture avec les Faunes, extrait d'un poème de Mallarmé. Puis Gérard Ansaloni chante ses textes, susurre, slame parfois. Sa voix se meut dans une réelle esthétique, emmenée par des mélodies en arrière fond, des orchestrations fines et discrètes incluant violons, saxophone, clarinette...). Et parfois, comme sur Ave Maria, ce sont des choeurs (ensemble choral Entrelacs) qui rythment agréablement les mots colorées de multiples références artistiques, mythologiques ou religieuses. Vous aimez Ferré, la vraie poésie, les artistes maudits, assurément, la Mort de la vierge est pour vous...

LES YEUX D'LA TÊTE - Danser sur les toits
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C'est en vous présentant un groupe comme les Yeux d'la tête que mon travail de diffuseur prend tout son sens. Sélectionné par le réseau Träce 92 cette année, ce quintuor original fait une sérieuse concurrence à Caravan Palace, grâce à des musiques à danser, fééries tziganes ou fantaisie festive...
Les Yeux D'La Tête ont imaginé un voyage musical hors du commun. L'énergie de ces cinq musiciens nous emmène dans un univers authentique où amour, humour et convivialité se révèlent dans des textes percutants, tantôt sérieux, tantôt comiques. Autour d'un duo de guitariste chanteur, la musique s'embrase et se guinche sur un tuba, un sax soprano et un accordéon plein de frisson. De ce cocktail explosif s'évade des ambiances chaudes à la rencontre de nombreuses teintes musicales mêlant rythmes tziganes, mélodies jazz, contretemps festifs et fanfare colorée. Véritable spectacle concert, leur musique se donne autant à voir qu'à entendre. N'attendez plus venez les découvrir sur scène pour que la magie s'opère sous vos yeux (extrait du site Tousenlive).

ROUDA - Musiques de lettres
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Rouda sait manipuler les mots avec l'élégance d'un slameur, d'un poète urbain. Plume sincère et aiguisée volontiers descriptive de la réalité du monde, par ailleurs génératrice d'une puissante littérature urbaine. Ce disque fait le pari de "fixer" toute la richesse d'un parcours poétique qui cotoie la chanson (Paris Canaille... Paris racaille), les accents du hip hop (Donnez-moi ma chance), le texte pur scandé a capella (Le hurlement du sourd) et les élans du rap. Avant tout "poète" libre, Rouda brouille les pistes, parle de lui pour mieux parler du monde, ne se veut porteur d'aucun drapeau, d'aucune étiquette et peuple ses textes de figures qui lui sont familières A noter la présence de Cyril Atef (du groupe Bumcello), de Fixi (du groupe Java) et plusieurs duos dont un avec Grand Corps malade (juste une période de ma vie. Et quand la voix douce de Souleymane Diamanka s'en mêle (sur Dernière cartouche), alors on peut parler d'un disque de slam généreux et réussi.

ILTIKA - La rencontre
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S'il fallait à tout prix mettre une étiquette à Iltika, c'est en Rap français que l'on classerait ce groupe atypique mais, si certains morceaux le sont résolument (rap), d'autres surprennent et déroutent... Un solo de guitare électrique, un phrasé qui rappelle le slam d'Abd Al Malik, des rythmes tziganes ou des sonorités arabes, des envolées poétiques au violon, des dialogues anodins livrés a cappella, comme tout droit sortis d'un film...
Cet album dessine un univers hétéroclite, traversé de multiples influences, où chaque titre est porté par des textes inspirés, poétiques, toujours engagés.

# Posté le dimanche 03 mai 2009 12:13

Modifié le jeudi 07 mai 2009 10:38

EVASIONS

EVASIONS

# Posté le dimanche 10 mai 2009 14:04

Modifié le dimanche 10 mai 2009 14:16

TEN, de Abbas Kiarostami

TEN, de Abbas Kiarostami
Abbas Kiarostami, réalisateur Iranien, filme dans Ten dix séquences tirées du quotidien des femmes de son pays. Dans chaque cas, il a choisi de les filmer dans un lieu clos, une voiture, en l'occurence (environnement qu'il avait déjà choisi pour son film Le goût de la cerise). Tourné en huis- clos, le seul contact que l'on peut avoir avec l'extérieur se réduit à ce que l'on voit à travers les vitres. Il n'y a pas d'autres histoires que la vie de ces 6 femmes qui se "dévoilent" par le biais de dialogues, musclés, tendres ou réconfortants qui ne sont que les portraits de ces femmes anonymes.
Chaque scène réunit deux interlocuteurs : à chaque fois, la voiture est conduite par une femme. Celle- ci est accompagnée soit par une autre femme, soit par Amin, son propre fils. Ce dernier incarne le seul rôle masculin de Ten. En parallèle, on remarquera que toutes les femmes que l'on découvre portent le tchador.
Le cinéaste, fait important, ne filme pas dans n'importe quel ordre : dans la première scène, la caméra reste fixée sur AMin, le fils, qui entretient avec sa mère une conversation chaotique à propos de son père. Dans la seconde scène, par contre, Kiarostami filme les deux personnages. Plus loin, il passe de l'une à l'autre de façon récurrente, comme pour établir une écoute réciproque des deux femmes. A l'avant- dernière, il montre même une femme, osant enlever son tchador. La dernière séquence laisse l'impression -ou donne l'espoir ?- que ces femmes acquièrent peu à peu l'autonomie. Le fait que Abbas Kiarostami cumulent ses scènes par le biais d'un décompte renforce cette idée. 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1....

Si l'on devait donner une suite à ce décompte, devra-t-on imaginer un Iran dans lequel les femmes seront enfin libres ?
Excellent film sur la condition féminine, témoignage fort nous laissant face à la reflexio, Ten a été sélectionné à Cannes en 2002.


QUELQUES CRITIQUES PRESSE

"Le génie du cinéaste réside dans sa façon de déjouer la censure." (J.P. Guérand, TélécinéObs)

"Ten est un film qui, de la même façon qu'il feint de reculer pour mieux avancer, soustrait pour mieux montrer." (J. Mandelbaum, le Monde)

"Le cinéaste fait parler les femmes de leur condition avec audace et frontalité. Un film féministe et libertaire. Humaniste, comme l'est l'oeuvre de Kiarostami toute entière." (O. Pélisson, McCinéma.com)

"Même si on se dit parfois que le filmage tout en auto est en passe de devenir le symptôme d'un certain académisme kiarostamien, il n'en demeure pas moins que Ten s'avère une expérience qui ne ressemble à rien de connu dans le cinéma d'aujourd'hui." (O. de Bruyn, Première)
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# Posté le dimanche 26 avril 2009 07:48

Modifié le dimanche 26 avril 2009 08:04

CHRONIQUE CD MUSIQUES DU MONDE N°8

CHRONIQUE CD MUSIQUES DU MONDE      N°8
CHRONIQUE WORLD/MUSIQUES DU MONDE n°8 : MES DERNIERES ECOUTES
oooo = J'adooooooooooore !!!
ooo = Très bon
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TAO RAVAO & VINCENT BUCHER - Lazao izy
MADAGASCAR
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Tao Ravao est un musicien malgache et Vincent Bucher, un harmoniciste français. Les deux artistes se sont réunis pour Lazao Izy, un album de jazz fusion. La musique est palpitante, excitante, bluesy, funky, audacieuse. Ici, la musique côtoie l'excellence : virtuosité instrumentale, subtilité de l'écriture, chant profond et poignant, peaufinés à la perfection. Blues brûlants et rythmes chaloupés distillent les tourments de l'amour. Morceaux à faire danser (quadrille des filles), Blues sombres (soleil noir), Lazao Izy est un album à consommer sans modération, un voyage au coeur de l'océan Indien.

CALYPSO ROSE - Eponyme
CARAÏBES / TOBAGO
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A son âge, Calypso Rose aurait pu couler une retraite paisible, mais Rose, 70 ans, a sorti en 2008 un nouvel album où l'on retrouve des compositions ensoleillées, mariant la magie des rythmes chaloupés des Caraïbes à une voix éternellement jeune. Une baignade musicale au coeur des mers lointaines.
Une personnalité charismatique, souvent comparée à des chanteuses exceptionnelles comme la regrettée Celia Cruz, Aretha Franklin - dont elle reprend le fameux I Say a Little Prayer for You, ou Miriam Makeba, avec qui elle chanta dans les années 1980 Voodoo Lay Loo (Libération).

AMADOU & MARIAM - Welcome to Mali
MALI
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On ne présente plus Amadou & Mariam, duo malien, non voyants, mari et femme. Pour ce sixième album, ils ont collaboré avec Damon Albarn qui offre un surprenant titre électro -pop, Sabali. Plus loin, on retrouve des musiciens comme Mathieu Chedid ou Keziah Jones, qui se collent aux guitares / basses. Tiken Jah Fakoly apparaît en guest sur Boula, titre caché. Si l'album est très bon, on peut par contre reprocher que le son est toujours identique d'un album à l'autre. Une déception aussi sur le dépliant, pourtant épais mais d'une grande pauvreté créatrice. Les fans du célèbre duo pourront s'en consoler avec le poster qui figure au recto du livret...

WINSTON McANUFF - Nostradamus
JAMAÏQUE
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En 2007, Winston McAnuff avait sorti avec le groupe de rap musette, Java, un album bien éloigné de son passé musical, le reggae. Après plusieurs collaborations avec Camille Bazbaz, M, Bumcello, le rastaman retrouve ses premiers amours : Les 11 morceaux qui composent cet album sont des roots pur et dur doués d'un habillement musical dépouillé. Les dread locks sont de rigueur pour écouter les bien belles prédictions que nous chante Winston McAnuff.
"Clive Hunt (ndr : le producteur et arrangeur de l'album) signe une production aux partis pris tranchés, sans concession, solide et dépouillée. Ce qui séduira les amateurs mais pourrait dérouter un public plus large, c'est d'entendre la voix de McAnuff se détacher si nettement de l'instrumental. D'autant que le débit vocal est saccadé et l'articulation perfectible. L'ensemble, néanmoins, forme un tableau original et réjouissant."

MARCIO FARACO - Um Rio
BRESIL
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Une guitare Brésilienne, quelques percussions, légères et timides, en arrière fond, une voix douce et chaleureuse, voilà tout l'univers de Marcio Faraco, le Brésilien exilé à Paris. Avec ses chansons aux ambiances bossas, l'artiste n'offre ici rien de très différent de ses précédentes productions discographiques, mais à chaque fois, c'est toujours un véritable plaisir. Une bonne surprise : une chanson en français (A quoi ça sert l'amour ?) et deux fameuses collaborations avec Baden Powell, le maître de la guitare Bossa Nova.

KASSE MADY DIABATE - Manden djeli kan
MALI
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Kassé Mady Diabaté est issu d'une famille de griots depuis 7 générations. La musique qu'il joue est donc largement inspirée par ses racines ancestrales. Pourtant, il règne dans ses morceaux une véritable modernité, dûe sans doute à l'énergie de l'interprétation. Patrimoine national de son pays, le Malien s'accompagne de nombreux musiciens africains qui jouent aussi bien de la guitare, de la basse ou du djembé, que du ngoni, de la kora ou du balafon, de ces instruments typiques associés à l'Afrique. Sonnant parfois blues (sur Douga Djabira), cet album riche et complet est un pur disque de musique mandingue.

STEVE SHEHAN & BALY OTHMANI - Assikel : de Bali à Baly
MUSIQUES TOUAREGUES
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Cet album très riche et bien documenté, notamment par le biais d'un DVD bonus, retrace le chemin parcouru par le musicien Steve Shehan. Percussionniste de talent, Steve Shehan a multiplié les collaborations parmi lesquelles Zazie, Bob Dylan, Lokua Kanza, Stephan Eicher, Rokia Traoré, Renaud, Salif Keita... En parallèle, membre du groupe Hadouk trio (dont le dernier album a été chroniqué quelque part sur ce blog), Steve Shehan propose sur cet album un itinéraire de voyage hors du commun. Départ de l'Indonésie : Bali et ses gamelans. Puis passage par la Chine, le Népal, l'Inde, l'Asie centrale, la Syrie, le Proche- Orient, avant de rejoindre l'Afrique du Nord et la culture berbère pour rejoindre le pays et l'âme du regretté musicien touareg Baly Othmani, oudiste reconnu, chanteur et poète. De Bali à Baly, il n'y avait qu'un voyage : celui d'un globe- trotter à la recherche de rencontres et d'échanges entre les peuples et les cultures. Avec cet album, merveille de fusion world, vagabonde et inventive, Shehan rend un vibrant hommage à son ami Baly. Assikel(voyage, en langue tifinagh) forme par ailleurs le troisième volet du projet musical du duo Shehan / Othmani (après Assouf et Assarouf. Trois rencontres absolument indispensables pour compléter une discothèque de Musiques du monde digne de ce nom...

THE ROUGH GUIDE TO CALYPSO
ANTILLES / CARAÏBES
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La collection The Rough guide to... éditée par le label Network, s'est notamment complétée en 2008 par cette anthologie de musiques caribéennes. On y retrouve regroupés par Jean- Michel Gibert, des artistes représentatifs et prestigieux des îles de la mer des Caraïbes : Sir Lancelot, Houdini, Calypso rose (voir critique plus haut).... En 62 minutes, c'est un panorama complet du patrimoine musical caribéen qui est présenté ici, avec tout ce que sa musique possède de charme et de chaleur.
Parmi les dernières sorties du label : Tango, Afrobeat, Gypsy music, Blues revival...


# Posté le dimanche 12 avril 2009 09:41

Modifié le dimanche 26 avril 2009 05:26

CHRONIQUE CD CHANSON FRANCAISE N°10

CHRONIQUE CD CHANSON FRANCAISE        N°10
oooo = J'adooooooooooore !!!
ooo = Très bon
oo = Correct
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GERARD DARMON - On s'aime
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Marc Esposito aux textes, Marc Lavoine aux musiques, voilà de bien belles collaborations. La voix de Gérard Darmon est grave et sensuelle. Qu'elles soient nostalgiques (dans les rues de ma jeunesse) ou aux influences cubaines (Pardon mon amour), les chansons sont douces. Les textes sont romantiques et en général de bonne qualité. On reconnaît la patte de Lavoine tant dans le rythme et les mélodies que le ton adopté par Gérard. Si on regrette que Darmon ne soit l'auteur que d'un texte (Tranquille petit ange), son interprétation est par contre très personnelle. Plusieurs titres sont absolument splendides : And the winner is (texte de Pierre Palmade), Dans les rues de ma jeunesse, On s'aime et Amireux. A noter enfin plusieurs duos (Amel Bent, Marc Lavoine, Pauline). Cet album est une bonne surprise. J'aime bien.

APKASS - En marchant vers le soleil
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Apkass est un rapper d'origine congolaise mais son univers est très loins des clichés hip- hop. En fait, APkass est davantage un slameur. Sa voix posée slame des textes inspirés et cultivés. L'écriture est pleinement poétique et raffinée d'où se dégagent des tournures jazz et soul. Un thème majeur : l'Afrique moderne. Détours sur les africains d'aujourd'hui, des reflexions sur le monde actuel (à écouter l'excellent Du riz et des armes), les paroles proposées par Apkass sont des descriptions engagées (L'incorruptible est mort, Du riz et des armes, ou tendres (Cette femme ocre de latérite, Les visages d'un homme et remplies d'espoir.
Sur En marchant vers le soleil, on trouve aussi tout plein d'instruments traditionnels (kora, ngoni, percus africaines) mélangés à des instruments typiquement jazz (trompette, saxophone). Parmi les guests à signaler : Christophe "Disco" Minck (l'un des musiciens qui accompagne Rokia Traoré sur sa dernière tournée), Mamadou Diabaté (fameux koriste sans doute déjà chroniqué sur ce blog) et Hamé (l'un des membres du groupe La rumeur).
Si vous aimé Apkass, vous aimerez aussi l'album de Rocé : Identité en crescendo

ANAÏS - The love album
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Excentrique et originale, Anaïs a été remarquée lors de la sortie de son premier disque, The cheap show dans lequel elle démontrait ses capacités vocales, son aptitude à l'improvisation et une réelle envie de s'amuser... mais tout cela se rapporte à la scène, car en matière de studio, Anaïs déçoit. Preuve en est ce second album. Des premiers morceaux pas vraiment convaincants où les textes sont inutiles, les mélodies répétées à l'infini. En guise de fermeture, un titre qui apparaissait déjà sur The cheap show. Seuls, au milieu de l'album, quelques morceaux semble redonner des couleurs : Si j'avais su que notre amour -duo rêvé avec Chris Isaak (avec des allures très folk, c'est pour moi le meilleur titre de The love album), et qui c'est la fille sur la photo. Si Anaïs n'a pas perdu de son humour et de son originalité, c'est sur scène qu'elle est la plus remarquable.

EMZEL CAFE - Hourvari
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Manouche sur çi ou ça, accents flamenco sur Le temps, esprit gitan sur Radio X, punk sur No way, on pense successivement à Karpatt, à La rue Kétanou, aux Négresses vertes. Ce trio (ex Les alcoolytes) a commencé sa carrière en allant de terrasses en troquets, sans oublier les places publiques. Atypiquement fou (d'après la chronique de la revue Francofans), Emzel café varie les genres et arrive à nous transporter dans des univers très différents sans perdre leur énergie. Ils interprètent même quelques vers de Fernando Pessoa sur Les métaphysiques de bistrot. "Prenant la vie à témoin, les compositions sont dèsormais habillèes de groove électronique, le clavier portant à leur avantage les guitares manouche et la flûte traversière. J'aime les paroles de Tu sais.

MERLOT - Chansons d'amour et de haine
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Ex chanteur du groupe Baobab, Merlot change de style : du reggae, il passe à la chanson. Une chanson fortement influencée par la soul, la folk, le reggae, le hip- hop. Ce premier album en solo le présente comme un banlieusard bien sous tous rapports qui souhaite éviter les prises de tête. Avec ses textes drôles, Merlot passe du reggae (Sexe et Marijuana, 94) à une reprise de Bobby Lapointe (Ca va ca vient), sans oublier quelques paroles qui font reflechir (sur A louer ou CDI). Sans se laisser dépasser par son passé de rastaman, Merlot nous enchante par ses comptines douces- amères qu'il récite avec l'assurance d'un rêveur égaré qui a réussi sa reconversion. Laissez vous guider dans cet univers complexe entre amour et haine...

# Posté le samedi 11 avril 2009 18:30

Modifié le mardi 14 avril 2009 11:00

CHRONIQUE CD CHANSON FRANCAISE N°9

CHRONIQUE CD CHANSON FRANCAISE        N°9
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CHRISTINA MAROCCO - Je te dirais que tout est beau
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En 2002, on découvrait Christina Marocco dans un duo avec Marc lavoine (j'ai tout oublié). Après un premier album passé inaperçu en France en 2003, l'actrice et chanteuse italienne se révèle enfin au pays de Molière avec un cd travaillé avec deux toulousains : Art Mengo et Maël. En plus d'une reprise de Jacques Brel (Les coeurs tendres), Christina Marocco propose plusieurs compositions suaves, calmes, dirigées par une voix douce et sensible. Interprété en français, en italien, parfois les deux à la fois, Je te dirais que tout est beau est un album apaisant, quelquefois bercé par des sonorités jazz (La chiave inglese).

ALEXIS HK - Les affranchis
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Alexis HK a le don de raconter des petites histoires qui sortent de l'ordinaire (rappelez vous dans Belle ville des aventures peu singulières de Gaspard, le nain volant, ou dans L'homme du moment d'un chien de vieille qui raconte sa vie de chien. Alexis HK récidive s'entourant sur ce nouvel album de son ami Renan Luce et de Liz Cherhal (la soeur de Jeanne) à l'accordéon. Alexis HK, avec humour et ironie parle du showbiz, de Myspace et de Facebook (Thanks for the add) et raconte à la manière d'un fabuliste l'histoire de Nick, un coq président de basse cour (toute ressemblance avec un président français ne serait que pure coïncidence !). Fables, chansons blagues comme l'écrit l'hebdomadaire l'Express, histoires rigolotes dont on ne se lasse pas, Alexis HK excelle. Je l'ai déjà vu 3 fois sur scène, j'ai son intégrale, et en 2004, quand j'étais chargé de diffusion, j'ai fait la promo pour son concert et j'ai rameuter un tas de monde via des partenariats. Un premier succès professionnel, ça ne s'oublie pas :)
Alexis HK se produit très aussi bien dans les salles de concert, les MJC et les médiathèques, ne le manquez pas. Il passe forcément pas loin de chez vous...
Mon morceau préféré : la Maison Ronchonchon.
Clip de la chanson Les affranchis

WILLIAM SHELLER - Avatars
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Je suis forcé d'aimer William Sheller, puisqu'il a travaillé avec Gérard Manset à ses débuts (c'était en Mai 1968). Et puis, Sheller a financé les débuts de Damien Saez : à la sortie d'un concert de William, Damien vient le rencontrer et lui présente ses textes. Sheller est séduit et décide d'aider et de "lancer" le jeune musicien alors âgé de 17 ans (pour la petite histoire). Sur Avatars, l'ouverture est symphonique avant de vite prendre des tournures plus rock (également sur Camping). La voix, reconnaissable parmi tant d'autres, interprète des textes d'une grande qualité où la poésie abonde. Le guitariste jazz Sylvain Luc se colle aux cordes sur certains morceaux. Les textes et les musiques sont toutes et intégralement de William. Si c'est un peu pareil à chaque fois, impossible de ne pas apprécier les textes toujours plus poétiques et la voix délicate de Sheller.

LO'JO - Cosmophono
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Le groupe angevin mené par Denis Péan présente avec Cosmophono son nouvel album. Musiciens voyageurs, éternels troubadours des temps modernes, les Lo'jo sont les meilleurs représentants de Chanson française du monde. Ballades nostalgiques, voyages rendus possibles grâce à des instruments qui nous sont peu familiers, lignes de poésies s'étalant sur tout le livret et le boîtier, l'univers de Lo'jo est peu commun. C'est ce qui fait l'originalité de ce groupe. Les voix des deux chanteuses Yamina et Nadia Nid El Mourid enchantent. Un titre inattendu, Slam, généreusement écrit et récité par Denis Péan. Un autre titre dont il ne faut pas passer à côté : Pays natal : plus de 7 minutes de bonheur. Un peu plus lent que les précédents albums mais toujours plus poétique, Cosmophono m'inspire bien des éloges mais j'avoue avoir une petite préférence pour Bazar savant (album de 2005), qui lui même ne vaudra jamais l'étonnant et immanquable L'une des siens (2002).

FACE A LA MER - Péché original
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La passion des mots habite ces cinq jeunes femmes, nouvelles venues sur la scène Chanson française. Premières parties d'artistes comme Karpatt, La rue Ketanou, Mano Solo ou Tryo, les cinq musiciennes ont sorti ce premier album fin 2007. Coup de coeur du bimestriel Francofans, Péché original s'ouvre sur une belle invitation au voyage avec accordéon. Vient ensuite une brillante biguine (titre 3) qui ouvre les portes sur d'autres horizons, impression renouvelée grâce à La llorona, un chant traditionnel mexicain. Tandisque l'ironie domine sur Noces de sang, la colère monte sur Les gens. Le chant est assuré, les textes sont bien écrits. On remarquera la plume de Christophe Mali (Tryo) sur La première fois. Face à la mer est un fameux quintuor féminin de choc jonglant avec ironie, sensualité et humour. Ce premier album est une agréable surprise, 100% féminin.

# Posté le mercredi 01 avril 2009 04:13

Modifié le dimanche 05 avril 2009 16:46

RESSOURCES HUMAINES, de Laurent Cantet

RESSOURCES HUMAINES, de Laurent Cantet
Franck Verdeau, étudiant dans une grande école de commerce parisienne, retourne dans son village pour faire un stage dans l'usine où travaille son père. Il est affecté au service des Ressouces Humaines, et se charge de mettre en place et de négocier les 35 heures au sein de l'entreprise. Au bout de quelques jours, il découvre subrepticement que son père va être licencié. Encensé par la direction, tête de turc des syndicats, Franck est pris entre deux et n'arrive plus à faire face. Pour tenter de sauver des emplois et de rendre une dignité aux travailleurs, il va peu à peu se tourner du côté des syndicats.

Ressources Humaines est une analyse pertinente du monde du travail. Tourné il y a 10 ans, le film se révèle encore d'une actualité brulante, en exploitant le chaos social (chômage, licenciements, automatisation de la production), et les revendications actuelles (durée du temps de travail, conditions de travail...). Encore une fois, Laurent Cantet filme la réalité, avec des acteurs inconnus et non- professionnels, à l'exception de Jalil Lespert (rôle de Franck). Son personnage se place d'abord en collaborateur de la direction. A l'aise, efficace, il a tout d'un jeune cadre dynamique. Encensé par sa hiérarchie, il découvre peu à peu les méthodes, les ruses du patronat pour évincer des ouvriers, notamment les plus anciens qui coûtent plus chers. Lorsqu'il apprend que son père va être licencié, Franck se tourne du côté des syndicats, notamment vers Danielle Arnout, une représentante révoltée, syndicaliste forcenée au caractère explosif. Finalement, Franck va participer au combat des syndicats pour sauver des emplois. Et il se moque d'être viré puisqu'il n'est qu'un simple stagiaire. La dernière partie du film le montre dans une relation conflictuelle avec son père, un ouvrier stakhanoviste qui refuse d'entrer en opposition avec sa hiérarchie. C'est cette étape qui nous laisse penser que Franck est promis à un avenir brillant. L'engueulade qu'il a eu avec son père titre un trait définitif sur son passé de fils d'ouvrier, dont il dit avoir honte. La fin est très intelligemment tournée : quand Franck demande à Alain, l'un des ouvriers, quand est-ce qu'il part, puis où est sa place, Alain se tait ; son visage est progressivement caché derrière celui de Franck, le futur cadre.
Laurent Cantet tourne avec un réalisme presque aveuglant cette fiction qui pourrait ne pas en être une. Le scénario (signé Cantet et Gilles Marchand) est neutre, ne cherche pas à prendre parti. Il peut même se montrer explicatif voire informatif. La mise en scène prend parfois des allures de documentaires (préparation de la réunion syndicale par exemple) mais reste dans tous les cas, sobre, proche des gens, de leurs préoccupations et de leurs doutes.
Ressources Humaines, second long métrage (après les Sanguinaires, 1997) de Laurent Cantet a reçu le prix Louis Delluc du premier film, et le prix des Nouveaux réalisateurs au festival de Saint Sébastien en 1999.


QUELQUES CRITIQUES PRESSE

"Manifeste social idéal, le film de Cantet reprend la force du regard brut qui caractérise le monde du documentaire et l'associe à l'émotion dégagée par une narration fictionnelle. " (E. François, chronic'art.com)

"Fait rare : Laurent Cantet a quelque chose à dire, le dit avec une subtile virulence et oublie au passage la démagogie suintante, le bon sentiment geignard, le didactisme poids lourd." (O. de Bruyn, Première)

"Jusqu'au bout, Ressources humaines préfère le sentiment à la dialectique, les images aux discours. Et si ces images vibrent avec autant de justesse, elles le doivent largement à des acteurs non professionnels tout à fait étonnants (...) " (F. Gorin, Télérama)

"Laurent Cantet donne une consistance à ce condensé de société et d'humanité en le filmant avec sensibilité et intelligence. Sobre et effacé jusqu'à la transparence, la mise en scène fait surgir la part sensitive des événements (...) " (C. Regin, Fluctuat.net)

# Posté le lundi 23 mars 2009 11:39

Modifié le lundi 23 mars 2009 12:11