L'HISTOIRE
Walter Vale est professeur d'économie dans une université du Connecticut. Pianiste râté, il traverse par ailleurs une période difficile en raison du récent décès de sa femme. De passage à New York pour une conférence, il découvre que son pied à terre sert de logement à un jeune couple d'immigrés clandestins. Zinab est Sénégalaise et Tarek, Syrien. Ils occupent l'appartement depuis deux mois. La rencontre est d'abord musclée, mais peu à peu des liens amicaux vvont se tisser....
MON AVIS
L'entrée en matière montre Walter, esseulé et désespéré, en pleine leçon de piano. On comprend qu'il n'y arrive pas. On le devine malheureux, sujet à une vie de merde et sans relief. L'événement déclencheur d'un renouveau va être la rencontre avec Zinab -qu'il surprend dans sa douche- puis de Tarek. Cette rencontre va lui changer la vie. Tarek, joueur de djembé, va lui apprendre à en jouer. Il l'initie à sa culture musicale marquée notamment par l'ambassadeur de l'afro beat, Fela Kuti. Mais si la musique tient une place importante dans The visitor, c'est surtout sur de graves sujets actuels que le réalisateur souhaite nous faire reflechir. Zinab et Tarek, deux clandestins aux ambitions tout à fait honnêtes, vivent illégalement sur le sol américain. Un jour, dans le métro, Tarek est arrêté et envoyé en centre de détention. Walter est interloqué. Il parviendra à garder un contact avec Tarek en lui rendant visite au centre, mais leur moyen de communication seront un téléphone et une vitre à travers laquelle ils peuvent se voir.
Ce film est éblouissant. D'abord parce qu'il s'e dégage une vraie tendresse (entre les personnages), notamment la douce relation entre Walter et la mère de Tarek qui semble combler le vide ressenti par Walter. Ensuite, parce que les acteurs sont naturels, au plus juste pourtant du rôle qui leur est confié. Enfin, parce que Thomas McCarthy aborde de brûlantes polémiques autour de l'immigration, des clandestins, et de l'expulsion de sans papiers. Satire de l'Amérique contemporaine, celle qui reste blessée des attentats du 11 septembre, le film de Thomas McCarthy réussit pleinement à donner satisfaction par le biais entre autre d'une brillante dramaturgie, mise en valeur par une interprétation simple et sans artifices. Plusieurs éléments donnent à parler : le floutage progressif du drapeau US lors du départ de la mère de Tarek, et surtout les dernières images sur lesquelles on voit Walter joue du djembé dans le métro new-yorkais. A sa gauche, de jeunes noirs américains le contemplent avec un respect distant : à sa droite arrive un homme au profil de businessman qui paraît étonné par tant de vacarme. Walter Vale, décravaté, en bras de chemise, a tiré véritablement un trait sur son passé de prof d'économie. Son destin demeure le résultat d'une rencontre inattendue qui l'a mené autre part.
QUELQUES CRITIQUES PRESSE
"The Visitor aborde des valeurs telles que la tolérance, l'ouverture, l'acceptation de la différence culturelle avec dignité. Tom McCarthy ne fait pas dans l'étalage des sentiments. Il opte pour une mise en scène sobre, en se concentrant sur la psychologie et la complexité des personnages." (S. belpêche, le journal du dimanche)
"Thomas McCarthy confirme sa prédilection pour les interstices d'une société américaine où les personnages centraux ne seraient pas condamnés à vider les coffres des casinos ou à rouler des pelles à Cameron Diaz." (G. Renaut, Libération)
"Une fable infiniment humaine, tendre et sensible, sur la découverte de l'autre et de sa culture. Également un drame de l'immigration et un très beau moment de cinéma." (Le figaroscope)